L'affreuse Poerani, allongée sur le sable, regardait la mer, les rouleaux et les dorades bondissantes.

Tranquille, elle fumait la cigarette et buvait le café.

 

Trop tranquille. Elle n'avait pas vu Hanga qui arrivait en rampant dans le sable. Avec sa gueule, la

chienne pascuane s'empara délicatement de la baguette magique que Poerani avait posée près d'elle,

elle appuya légèrement de ses dents pointues en pensant dans ses pensées de chien : abracadabra…

" Ah glou, glou, glup, plouf, plouf, glou ! " Une cinquième dorade sautait dans la mer, jouant dans les

rouleaux, nageant avec les quatre dorades de la mer océane. Toutes les cinq jouèrent jusqu'au soir,

sautant par-dessus les rouleaux, gambadant de leurs nageoires légères aux rayons du soleil couchant.

Hanga, la baguette entre les dents, s'approcha de l'eau ; il était temps d'arrêter les jeux et de rentrer

au campement. " Non ! Encore, encore ! " dirent en chœur les cinq dorades, sautant en forme de gerbe

étincelante.

 

- Abracadabra, une fois,

- Abracadabra, deux fois,

- Abracadabra, trois fois ! dit Hanga de Hanga Roa.

 

Léo, Antonin et Siméon se retrouvèrent au pied des moais de Anakena.

Mais où étaient Timothée et Poerani ?

Ils se promenaient, bras dessus, bras dessous, le long de la plage ; Timothée, la baguette à la main,

racontait des histoires à Poerani.