- C'est grâce à vous et à l'éducation que vous nous avez donnée ", répondirent en chœur les quatre bora1_6.htm

frères. Ils étaient vraiment parfaits. L'impeccabilité des quatre frères faisait l'orgueil de leurs parents.

Léo s'approcha de l'oreille de Maman et lui rappela " Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Siméon…

- Mais oui, bien sûr, bien sûr ! Où avais-je la tête ! ". Maman sortit du frigo le gâteau à l'ananas qu'elle

avait préparé la veille au soir, Papa joua un air d'ukulélé en l'honneur de Siméon et de ses neuf ans,

" Ka Haro Tou Kara " - Ouvre tes ailes et prends ton vol - . Puis ce fut le moment des cadeaux, grand

moment secret et plein de surprise. La seule chose qui est sûre c'est que l'amiral Joseph n'avait pas

envoyé de taille-crayon (il faudra lui souffler l'idée pour Antonin, ah ! ah !).

En réalité, malgré la joie de la fête, les enfants étaient inquiets et ne pensaient qu'à Bora-la- Disparue.

Il fallait à tout prix et d'urgence découvrir ce mystère. Car si Bora avait coulé, pourquoi pas Raiatéa ?

Le danger était extrême. Ils ne pensaient qu'à l'expédition du soir. Fallait-il avertir les parents au risque

de les affoler ? Non, plutôt les laisser dans l'ignorance, faire de sorte qu'ils ne regardent pas du côté de

Bora, les occuper à autre chose : demander une démonstration de ukulélé, réciter les leçons et la table

de multiplication, se faire expliquer une nouvelle fois les subordonnées relatives, se tromper exprès dans

les devoirs et demander de l'aide… Du reste, si le Capitaine avait dit la vérité, ils se seraient esclaffés et

se seraient moqué ; pensez-donc ! Bora-Bora au fond de l'eau, hi ! hi ! L'après-midi passa ainsi lentement ;

ils jouèrent aussi avec les cadeaux de Siméon, mais sans entrain. L'heure était grave et ils n'avaient pas le

cœur à rire.

 

Enfin le soir arriva. La nuit tomba rapidement. La lune était froide mais l'air était tiède. Dès les parents couchés

- ils n'en finissaient plus de boire leur tisane ; c'est Antonin lui-même qui l'avait préparée pour gagner du temps -

le Capitaine se leva : il était tout habillé ; il prit son mousquet et son sabre et souffla à ses frères : " Action !

Exécution ! Chacun à son kayak ! Direction la "Vaka Nui", la Grande Pirogue . " La Relative ", " La Galette ",