le voyage pour assister, très fiers, robe et chemise à fleurs, au triomphe des quatre héros.

Le Prince Léo prend alors la parole. " En ce jour de gloire et d'allégresse, peuples de Polynésie,

je vous en fais le serment, moi, Prince Léo, Grand Maître du Triangle polynésien, plus jamais vous

n'aurez à souffrir des manigances, complots, intrigues et autres diableries de ces deux là. Ils finiront

leurs jours gardiens de chèvres sur les collines grecques de Délos et ils y seront heureux. Ils auront

découvert la vraie vie. Quant à moi, jamais ne vous quitterai. Je vous annonce dès à présent que le

volcan de Bora est à nouveau hors de l'eau, avec ses habitants, ses perles et son lagon. Son lagon,

ses tortues et ses raies manta , libres à nouveau de nager dans des eaux pures et vivantes. Les hôtels

de Bora Bora et leur nocive pollution sont à jamais interdits ! Vive le clair lagon ! "

" Hourra ", cria la foule des Rapa Nui, des journalistes et des invités. " Vivat, vivat, semper vivat ! " :

le général Mateo venait de jeter sa casquette en l'air ; de sa voix légère, le Dr Felicia salua le Capitaine

et le Magicien ; Antonin distribuait déjà les cartes, un brelan d'as caché sous son t-shirt, au cas où… ;

Davida et Daoud s'apprêtaient à monter dans leur Fusée d'Or et à retourner, non sans un peu de nostalgie,

dans leur domaine afghan de Bâmiyân.

 

C'est alors que la foule ébahie, éblouie, médusée, pétrifiée, émerveillée et carrément épastrouillée, prit

conscience que le monde avait changé à jamais : les quinze moais de Tongariki s'étaient retournés ;

à présent, ils regardaient l'Océan.

 

Le Prince Léo salua la Grande Frégate aux larges ailes qui apparaissait à l'horizon.