présenter au collège et dire " Bonjour, c'est moi, ma majesté royale, j'en ai marre du CNED,je viens m'inscrire. " Absurde ! C'est moi qui connais le mieux Antonin et depuis le plus longtemps,
vu que je suis l'aîné, et je suis sûr qu'il préfère travailler avec le CNED même si c'est trop difficile
plutôt que bâiller dans une classe de 5e. "
C'est alors que le Magicien prit la parole : " Ibrikidibri (c'était sa nouvelle formule magique),
L'Etoile du Sud qui m'inspire me dit qu'il est allé donner à manger aux chevaux du centre équestre.
- Mais comment tu sais ça, toi, interrogea Siméon. - Je le sais, voilà, c'est tout. "
Il galopait dans la nuit finissante ; un sac sur son dos, deux sacoches accrochées à sa selle :
quelques biscuits Arnott's rapportés religieusement de Polynésie, une gourde d'eau, le livre de
math du CNED, un devoir à poster, deux ou trois BD, quelques vêtements de rechange, un maillot
de bain et des tongs. Antonin galopait de colline en colline telle une flèche dans le vent.
Il avait décidé de repartir en Polynésie et de s'inscrire en 5e au lycée des Iles sous le Vent. Une lettre
mystérieuse reçue la semaine précédente, l'y avait incité. Cette lettre lui était précieuse : il la tenait
serrée sur sa poitrine. Depuis, il avait préparé son départ dans le plus grand silence et le plus grand
secret. Seul, Léo était au courant et devait entretenir le mystère le plus longtemps possible : son rôle
consistait à lancer de la fumée pour égarer les inquiétudes familiales. Le temps qu'Antonin se trouve
hors de portée.
Pour l'heure, donc, il filait bon train, le corps tout en souplesse , l'esprit léger, vagabond et aventureux.
Il voulait, dans un premier temps, s'arrêter en Afghanistan et retrouver Daoud et Davida qui coulaient
des jours tranquilles au bord d'une rivière à truites au cur de l'Hindou-Kouch. Sa monture, une belle
jument arabe, nommée Faras, à la robe gris pâle, à la blanche et éclatante crinière, le menait, aérienne
et vive, vers son destin...