Objectif final : libérer la Polynésie et neutraliser l'Affreux, le mettre aux fers dans un cachot du

Château d'If, au large de la lointaine Marseille. Restaurer l'autorité de l'Empire et du Prince Léo.

Rétablir l'harmonie du Monde.

Le Prince Léo jubilait : il ne s'ennuyait plus !

 

Daoud lança le grappin. Antonin s'élança le premier. La passerelle du " Tahitian Princess " fut

investie avec facilité et le capitaine du navire assommé par un coup de boule d'Antonin. Guidés

par les premiers matelots libérés, ils dégringolèrent les escaliers, suivis par les marmitons, les

cuisiniers et le maître-coq du navire portant tartes aux goyaves, gâteaux au chocolat et pièce

montée de vingt et un étages de choux à la crème couronnée de chantilly. Daoud d'un coup sec

du tranchant de la main brisa la porte, tous entrèrent dans la cale où gémissaient Siméon et Timothée.

Avant même d'être libérés des fers qui les maintenaient au sol, les deux prisonniers exigèrent de

manger chocolats et gâteaux. Une fois rassasiés, sous l'œil attendri de Daoud, d'Antonin et de tout

l'équipage mutiné, ils furent portés en triomphe jusqu'à la passerelle. Le navire fut rebaptisé " Davida,

Tahitian Princess " et le drapeau de l'Empire hissé en haut du mât. " Vive le Prince Léo ! Hourra !

Hourra ! Hourra ! " criait la foule rassemblée sur le quai des Pêcheurs.

 

Pendant ce temps, le Prince Léo s'était activé : il était allé au-devant des radars espions à visage

découvert, annonçant : " Le Prince Léo est de retour ! Prenez garde ! " . Les sbires de Mister KK

postés derrière l'écran central étaient d'un naturel stupide ; ils lisaient trop les B.D. et leurs mâchoires

étaient devenues carrées, leurs joues mal rasées et leur front proéminent. Il est vrai que, obéissant à

l'Affreux, par mimétisme, ils étaient méchants et surtout bêtes. A voir l'image du Prince Léo sur tous

les écrans de contrôle, ils prirent peur, croyant qu'il s'était multiplié sous l'effet d'une force surnaturelle.

Ils se mirent à claquer des dents ; mais ils avaient trop mangé les gâteaux et les chocolats du peuple