- Oh ! un train ! venez voir, un avion télécommandé ! Le chariot fut vite plein. Un mystérieux quatrièmechariot fut apporté, lui aussi tiré par des rennes et tout aussi mystérieusement rempli.
Le signal du départ fut donné par Léo. Les trois frères sortirent enfin à l'air libre, suivis par les quatre chariots
et leurs seize rennes de Suède. A la montre de Léo, il était cinq heures du matin de ce 25 décembre à l'heure
de Polynésie Ils virent alors qu'ils étaient en Laponie dans un paysage de glace et de bouleaux en pleine nuit
polaire et hivernale. Là-bas, très loin, à Raiatéa, le jour allait bientôt se lever : il était trop tard ! Jamais les rennes
n'arriveraient à temps ! Que faire ? Tout était perdu. Timothée allait se réveiller et il n'aurait pas ses cadeaux.
Horreur et désolation, tout était fichu. Abattus, Léo et Siméon se laissèrent aller au désespoir. Alors, Antonin tira
de sa poche un étrange boîtier de métal noir, il tira une longue antenne qu'il orienta vers Orion, la lointaine étoile :
" Ici, Antonin, Grand Maître des forces spatiales de Polynésie. Ordre de faire atterrir dans les plus brefs délais
une fusée PK 7. Exécution immédiate. Action ! " Dans les minutes qui suivirent, un sourd grondement emplit
le ciel lapon. Un gigantesque appareil apparut avec ses cent gyrophares et ses cent projecteurs : c'était une fusée
circulaire qui s'arrêta avec douceur à un mètre du sol. Un pilote, vêtu du même uniforme qu'Antonin, portant la même
étoile rouge, apparut à une ouverture : " A votre disposition, Grand Maître ! " Les chariots et les rennes furent vite
embarqués. Siméon vérifia que la sucette était toujours à sa ceinture. Tous montèrent dans la fusée. La porte se
referma sans un bruit. Les gyrophares et les projecteurs s'éteignirent, la forêt lapone redevint silencieuse.
A cinq heures et demie de ce matin du 25 décembre, en plein été polynésien, la fusée atterrit sur Raiatéa, elle déposa
les quatre chariots, les seize rennes, les trois frères, et repartit pour Orion-la-lointaine.
Le convoi arriva devant la maison. Tout le monde dormait encore. Ils installèrent les quatre chariots sur la terrasse,
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