vivre sa vie avec Kahino ; et des larmes jaillirent de ses yeux. " Arrête, je n'ai pas envie de jouer, ce

matin. Pas moyen d'être tranquille. Va embêter Timothée plutôt ! -Je suis pas Pluto, je suis Tapati !

- Bon, ça suffit, je l'ai déjà entendue celle-là - et de nouvelles larmes jaillirent de ses yeux. Et d'abord

on ne répond pas au Capitaine. Tu dois obéir. " Vaincu, Tapati se mit en boule en poussant un petit

soupir de soumission. Siméon leva la tête vers les étoiles, vers Miri-Miri sur sa gauche et vers Bora-

Bora face à lui. Mais pour l'heure, il ne voyait rien : il faisait encore nuit.

 

Il se mit à penser aux cadeaux qu'il allait recevoir pour son anniversaire. Il espérait bien avoir quelques

figurines, un chevalier noir, une princesse bleue ; et un vélo, peut-être ? L'année dernière, il avait eu une

clochette ! Sur le moment, il avait fait la moue. Pourquoi pas un casse-noisette, ou un taille-crayon pendant

qu'on y était ! C'était une idée de grand-père Joseph. Ah, la, la ! Ce n'est qu'au mois de mars qu'il avait

su que la clochette était magique ; mais c'était trop tard, il l'avait donnée à Timothée. " Arrête, Tapati !

Qu'est-ce que tu as à ronfler comme ça ? Il n'y a personne. Et comme gâteau, qu'est-ce que j'aurai ?

Il faudra surveiller Antonin, il est toujours là à repérer le plus gros morceau. Mais c'est moi qui choisirai

en premier (subordonnée relative introduite par le pronom relatif qui : c'est Léo qui le lui avait appris).

J'espère que Papa sera là. En ce moment, il est toujours sur sa pirogue. Mais aujourd'hui, c'est dimanche,

c'est repos. Je suis sûr qu'il va gagner ! On ira manger le gâteau sur le motu tous ensemble. Arrête, Tapati !

Qu'est-ce que tu as encore ? " Tapati s'était levé et regardait droit devant lui dans le noir. Siméon, lui, ne

voyait rien du tout et pour cause. Mais le jour n'allait pas tarder à se lever. Derrière la montagne, le ciel

commençait à s'éclaircir. Siméon distingua le " Moeanu " ancré au centre du lagon, les flancs rebondis et

chargés de bonbons et de chocolats, puis la masse sombre de Miri-Miri. Tapati s'agitait toujours d'une

manière incompréhensible. Maintenant, il ne gémissait plus : il grognait. Puis, il se tut. Silence complet.

Même le clapotis du lagon se fit inaudible. Que se passait-il donc ? Tapati se serra contre Siméon dans

un gémissement faible. A présent, il faisait jour. Ca y est, on était le 29 octobre, il avait neuf ans !