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Ici, dans ce dortoir, tout est métallique, les lits, les armoires, les tables, les fenêtres,

les volets.

Où est la pierre? Où est la terre? Où est le bois? Rien ne vit. Tout est triste et froid. 

Alors je pense au temps passé: cachée au pied des mûriers sombres, proche de la

mosquée de terre, la mare luit dans la douceur des étoiles afghanes.

Mais cette nuit, je me suis réveillé sous la brûlure. Dans un rêve insupportable. 

Les yeux bien ouverts et la pensée claire, pour fuir la vision de la nuit, je me suis levé,

j'ai marché, agité mes bras, tourné ma tête à gauche, à droite. Sous la brûlure, toujours:

ma poitrine, mes bras, mes jambes. Du plat de ma main, j'ai frotté la peau, et ce fut inutile.

La réalité du songe est la plus forte: hier, les missiles ont attaqué mon pays, à des

milliers de kilomètres d'ici; les maisons sont en flammes et le feu est venu jusqu'à moi,

réel, violent, irrépressible. Je brûle de la souffrance des miens. Je suis sorti. La Ville

était silencieuse, endormie, paisible et la lune était froide.