Que fais-je en ces lieux désolés ? La solution de l'énigme ! J'étais sur le point de la trouver ! "

Et tout lui revint à l'esprit, le tronc de cocotier, l'embardée, la chute, la noix de coco sur la nuque.

Il raconta tout à ses frères effarés pendant que le sang qui maculait son visage commençait à

sécher et que les petites notes de piano revenait à son esprit tourmenté. " Aux armes ! ", cria

Antonin, " Aux armes ! " répétèrent Timothée le Jeune et le Capitaine Siméon. Tous les trois

se tournèrent vers la mer, le regard dur portant sur l'océan lointain. " Par les Eaux qui grondent,

par le Soleil qui brûle, par l'Air qui donne vie, nous jurons de venger notre frère Léo ! Que Mana

nous vienne en aide ! " Ils crachèrent au sol, tapèrent trois fois du pied droit et poussèrent leur cri

de guerre "Vivat ! Vivat ! Vivat ! ".

 

Cependant, Léo était un garçon de bon sens. L'heure de la colère passée, le sang séché, les

plaies passées à l'huile de tamanou, il réfléchit tel Achille l'Ancien au soir de sa fureur. Quoi !

fallait-il ajouter le sang au sang ? Quoi ! Devait-il briser des adversaires très jaloux et surtout

très bêtes ? Quoi ! Se conduirait-il comme un barbare ? Barbari ! Barbari ! Il sentait à nouveau

le sang monter à grands flots vers ses tempes et son front. Maîtrise ta force, Léo de l'Eau !

Apaise ton courroux ! Et il sentit manino s'installer en lui : Je suis maître de moi comme du grand

lagon ! Sur ces paroles, il sentit en lui comme un déclic, un éclat lumineux. Il appela le Roi de Miri- Miri,

le Capitaine Siméon et Timothée le Jeune pour leur exposer la décision qu'il venait de prendre de

quitter la terre ferme et ses tourments pour aller vivre au fond de la mer. Sa Majesté Antonin lui confia

son tiki protecteur que lui avait donné Nikaïa, souvenir éternel, le Capitaine Siméon lui offrit son sabre

qu'il avait emporté de Collioure et Timothée le Jeune lui donna sa lampe étanche à rayons rouges.