lui donna la clé de l'Ordinateur de l'Empire ainsi que le Code Mystérieux de l'Univers, il s'installaaux commandes de la fusée mue par le moteur SiTAL 98735 , envoya sur son écran un dernier
salut à Davida la princesse aux pieds légers, détentrice provisoire des Rênes de l'Empire,
pensa " Raiatea ", la coupole céleste s'ouvrit et le Grand Maître de l'Univers s'enfonça dans la nuit
étoilée.
Le voyage fut court et pour tout dire instantané, les distances infinies n'avaient plus guèred'importance pour le vaisseau impérial et le Prince Léo arriva dans le ciel polynésien par une nuit
claire sous la lune. Il décida de se poser sur le motu de Miri-miri, riche des souvenirs avec ses frères.
Antonin était devenu roi de Raiatea , Siméon, roi de Bora Bora et Timothée, roi de Huahiné. Tous les
trois menaient une vie de fêtes, de musique et de desserts. Le Prince Léo se posa sur Miri Miri en pleine
nuit ; à l'aide d'une minuscule télécommande à multiples fonctions dissimulée dans le chaton de sa bague,
il rendit la fusée invisible à des yeux humains. Il attendit que le soleil se lève, comme de toute éternité,
derrière le mont Tefatua,. Le motu s'éclaira peu à peu et Léo reconnut chaque arbre, chaque recoin de
sable. Il était enfin chez lui et il sentit ses poumons s'emplir d'un air léger, joyeux et mozartien. Il retrouva
même la cabane dans les arbres d'où il guettait, jadis, la flotte de l'Amiral Joseph. Il grimpa rapidement
l'échelle de bois, arriva sur la plate-forme qui dominait la mer, et là, ô surprise, il découvrit, couché sur
des palmes et enroulé dans un tapa faite d'écorce de cocotier, un jeune garçon endormi. " Ia orana, qui
es-tu ? " Léo n'avait pas oublié la langue maohi. Le garçon ouvrit les yeux et le regarda comme s'il n'avait
pas compris. - Ia orana, maitai* ? reprit Léo. - Salam, roubasti* ?
Ce fut le tour de Léo d'être interloqué. - Bonjour, qui es-tu ? - Je ne sais pas. L'inconnu parlait français.- Tu as bien un nom ? - Je suis Daoud l'Enfant, David, si tu préfères - Et d'où viens-tu ? - De l'autre côté
de la mer, très loin, là-bas. - Mais qu'est-ce que tu fais ici ? - Je ne sais pas. - Tu es seul ?
- Oui, personne n'est venu m'accueillir, pas de vahiné couronnée de fleurs pour saluer mon arrivée,
* - bonjour, ça va? - Paix, tu vas bien?