On se souvient également de ce témoignage du cheminot de la gare de Villefranche-Vernet-les Bains,affirmant avoir vu le jeune fugitif rigolant main dans la main avec une amie de son âge, et montant dans le petit train jaune.
Depuis, le chef de gare était la risée de tout le Conflent et de toute la Cerdagne, tout le monde l'appelait Jeanne d'Arc
et lui promettait le bûcher.
Eh bien, de nouveaux témoignages viendraient confirmer ses affirmations, en particulier un film vidéo tourné par un touriste
espagnol rejoignant Puigcerda. Intrigué par ces images de deux enfants pris de fou-rire et faisant les ânes sur le petit train
jaune au passage du pont Gisclar, alerté par les compte rendus de la presse espagnole sur l'affaire Siméon, ce touriste
(loueur de barques sur le lac de Puigcerda, donc très observateur et avisé) a prévenu notre correspondant à Font Romeu,
le très dégourdi Lorenzo della Notte (nom prédestiné pour ce jeune journaliste dont nous nous sommes attaché les services).
Au terme d'une enquête solide, minutieuse, scientifique, et, pour tout dire, professionnelle, nous pouvons à présent l'affirmer.
Siméon n'était pas seul et il a bien pris le petit train jaune. Et donc la question est bien : qu'est devenue la fille qui était avec lui ? "
Bon sang de bois !" Incroyable développement d'une affaire qu'on croyait classée ! Mais que faisait Siméon dans la montagne ? Qu'est devenue
sa copine délurée ? A quel moment ont-ils quitté le train jaune ? Comment ont-ils réussi à brouiller toutes les pistes pour se retrouver
à Collioure ? Et la fille , oui, qu'est-elle devenue ? Le jeune Siméon apparaît sous un éclairage nouveau : manipulateur, intriguant
et finalement grand stratège. "
Bon sang de bois de bon sang de bois ! Grand-mère m'arrache le journal de la main ( je renverse mon café ; heureusement il
avait refroidi et il était sucré) et se plonge dans la dernière page.
Bon bois de sang de bon bois de sang !